vendredi 25 mars 2016

7 exemples de pléonasmes courants qu’il vaut mieux éviter d’écrire (et de dire)

pictogramme OrthographeEn français, dans le langage courant, on utilise parfois – le plus souvent involontairement – des expressions qui ne sont pas très heureuses. C’est le cas des pléonasmes, ces figures de style dans lesquelles s’enchaînent plusieurs mots qui expriment la même idée. Lorsque la répétition n’est pas intentionnelle, elle est considérée comme fautive. Voici sept pléonasmes que l’on appelle vicieux, et qu’il vaut mieux éviter d’employer.


pile de livres1 Arrêt complet

Quand on parle de mouvement, l’arrêt est la situation dans laquelle une personne ou un objet n’est plus en action ou en mouvement, ou quand une action est interrompue. Pas besoin, donc, d’accoler le mot « complet » pour rajouter une précision sur l’arrêt !

Des expressions courantes utilisent cette figure de style pour insister sur le fait que l’arrêt est ou doit être bien réel, comme « l’arrêt complet des travaux » ou « ne pas descendre avant l’arrêt complet du train ». Mais strictement, c’est un pléonasme.

2 Monter en haut, descendre en bas

Ces deux pléonasmes, qui sont sans doute les plus connus, sont considérés comme fautifs. Car quand on monte, c’est forcément vers le haut, et quand on descend, c’est forcément vers le bas. On dira donc simplement monter ou descendre, sans plus de précision.

Dans certains cas, vous pourrez dire ou écrire « monter tout en haut » ou « descendre tout en bas ». C’est correct, car le sens change. Préférez tout de même « monter sur la Tour Eiffel » ou « monter au dernier étage de la Tour Eiffel » plutôt que « monter en haut de la Tour Eiffel ».

3 Hasard imprévu

Le Dictionnaire de l’Académie française définit le hasard comme un « cas, événement fortuit et imprévu ». Un hasard est donc forcément imprévu ! L’expression « hasard imprévu » est clairement un pléonasme vicieux.

4 Sortir dehors, sortir à l’extérieur

Lorsqu’on sort, on passe du dedans (l’intérieur) au dehors (l’extérieur). Dans beaucoup de cas, les deux expressions « sortir dehors » et « sortir à l’extérieur » sont donc des pléonasmes. Mais il peut arriver qu’elles soient appropriées, quand on veut bien marquer la différence entre le fait de sortir (l’action) et le fait d’être sorti (l’état).

Ainsi, « les enfants sont sortis » peut signifier à la fois qu’ils sont actuellement dehors (pas ou plus là pour le moment) et qu’ils sont occupés à une activité à l’extérieur (voir des amis, faire des courses). L’expression « les enfants sont sortis dehors » indique un peu plus clairement qu’ils sont actuellement à l’extérieur, par exemple pour jouer.

Notez que dire ou écrire « il pleut dehors » ou « il neige dehors » est aussi un pléonasme : s’il pleut ou neige, c’est forcément à l’extérieur (ou alors le toit de la maison fuit, ce qui est un autre problème).

5 Mauvais cauchemar

Le cauchemar étant déjà un mauvais rêve, que devrait donc être un « mauvais cauchemar » ? Un rêve encore plus mauvais parmi les mauvais ? Évitez plutôt d’employer cette expression, sauf familièrement.

En effet, dans le langage familier un peu argotique, l’adjectif mauvais peut se comprendre comme quelque chose de vraiment négatif, « qui craint ». Dans ce cas, on peut alors comprendre le « mauvais cauchemar » comme étant un cauchemar particulièrement effrayant ou dérangeant.

6 Prévoir d’avance, à l’avance, par avance

Quand on prévoit quelque chose, on l’anticipe, forcément avant que la chose survienne. Comme le souligne le Dictionnaire des difficultés de la langue française de Larousse, c’est le préfixe pré- du verbe prévoir (et aussi des verbes prédire, pressentir et prévenir) qui marque l’antériorité.

Inutile, donc, de préciser que l’on prévoit « d’avance », « à l’avance » ou « par avance », puisque l’anticipation est déjà soulignée par le verbe.

7 Répéter deux fois

Dans l’expression « je ne vais pas répéter deux fois la même chose », le « deux fois » est de trop. Car si l’on répète quelque chose, c’est justement qu’on le dit, en tout, deux fois.

Il est cependant tout à fait correct de dire et d’écrire « répéter dix fois la même chose », « répéter sans cesse » ou « répéter toujours la même chose ».

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