samedi 10 février 2018

Seconde intercalaire : quand le jour est plus long... d'une toute petite seconde !

Le saviez-vous ?[ Article mis à jour en février 2018 ]
Peu de gens le savent : parfois, le dernier jour de certains mois n'est pas un jour comme un autre. À cause de variations dans la rotation de la Terre, on décide officiellement de rajouter une seconde à la dernière minute de ce dernier jour. Ce fut le cas en juin 2012, en juin 2015 et en décembre 2016. Et en 2018 ?


photo d'une horloge qui indique minuit moins une minute

Cette histoire de seconde, de quoi s'agit-il ?


Dans le jargon des spécialistes, on appelle cet événement un saut de seconde (leap second en anglais).

Il s'agit d'une seconde intercalaire - ou seconde additionnelle - qui est parfois rajoutée à la fin du mois de décembre ou à la fin du mois de juin.

Une seconde intercalaire supplémentaire peut aussi, au besoin, être rajoutée à la fin du mois de mars ou du mois de septembre.

Chacune de ces secondes supplémentaires ajoutées à notre mesure du temps vise à compenser un écart entre l'échelle du temps UTC (Temps universel coordonné) qui est calculé avec une horloge atomique, et l'échelle du temps UT1 (Temps universel) qui est basé sur la rotation de la Terre.

Cet écart se produit de façon irrégulière, en fonction du mouvement de la rotation terrestre, mais toujours dans le sens où il faut ajouter une seconde au temps UTC (le temps de nos montres) par rapport au temps UT1 (le temps "réel" dans l'espace, en quelque sorte) afin de corriger l'écart.

Qui décide de l'ajout de cette seconde intercalaire ?


C'est le Service international de la rotation terrestre et des systèmes de référence (International Earth Rotation and Reference Systems Service ou IERS en anglais), situé en France à l'Observatoire de Paris, qui décide s'il faut ou non effectuer un saut de seconde.

Si c'est le cas, le saut de seconde est annoncé plusieurs mois à l'avance, dans un communiqué appelé le bulletin C.

Que s'est-il passé le 30 juin 2012 ?


C'est très simple : la dernière minute du 30 juin 2012 a compté une seconde de plus. Ainsi, la seconde qui a suivi celle du 30 juin 2012 à 23 heures 59 minutes et 59 secondes fut un exceptionnel "30 juin 2012 - 23 heures 59 minutes et 60 secondes".

Puis, la seconde suivante, on est passé au jour suivant : ce fut celle du 1er juillet 2012 à 0 heure 0 minute et 0 seconde.

Que s'est-il passé en juin 2015 et décembre 2016 ?


Exactement la même chose ! Le 30 juin 2015 comptait officiellement non pas 86400 secondes (24 heures fois 60 minutes fois 60 secondes) mais 86401 secondes.

En décembre 2016, même principe. On a ainsi décompté consécutivement les secondes :

- du 31 décembre 2016, à 23h 59m 59s
- du 31 décembre 2016, à 23h 59m 60s
- du 1er janvier 2017, à 0h 0m 0s

Si, à l'époque, vous vous étiez fié à votre montre pour souhaiter la bonne année à la seconde près, c'était raté !

Cela se produit-il souvent ?


Avant le saut de seconde de 2012, le précédent saut de seconde avait eu lieu le 31 décembre 2008, et celui d'avant le 31 décembre 2005. Au total, depuis l'introduction de ce système en 1972, il y a eu 27 sauts de seconde en comptant celui du 31 décembre 2016.

Pour l'instant, seuls les mois de juin et de décembre ont été utilisés, il n'y a jamais eu de saut de seconde en mars ou en septembre (qui sont des "seconds choix", selon une recommandation officielle).

Y aura-t-il un saut de seconde en 2018 ?


Depuis le 9 janvier 2018 (date de publication du plus récent bulletin C), on sait qu'il n'y aura pas de saut de seconde en juin 2018.

Mais pour savoir s'il y aura un saut de seconde en décembre 2018, il faut attendre le prochain bulletin C, qui sera publié normalement début juillet 2018.

Pour en savoir plus

Le saut de seconde (page d'explication sur le site de l'Observatoire de Paris)
Le dernier bulletin C (en anglais)


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