mardi 25 avril 2017

Comment voter blanc aux élections ? (en pratique)

Question[ Article mis à jour en avril 2017 ]
Inscrit(e) sur les listes électorales en France, vous envisagez ou vous avez décidé de voter blanc aux prochaines élections : présidentielle, législatives ou autre. Et pris d'un doute, vous vous demandez comment il faut procéder. C'est vrai, ça : en pratique, comment faire exactement pour voter blanc ?


Déjà, il faut aller voter. Si vous ne vous rendez pas aux urnes alors que vous êtes inscrit sur les listes électorales, vous serez comptabilisé comme abstentionniste. Le vote blanc, lui, correspond bien à un vote, et donc à une enveloppe glissée dans l'urne.

Avec quoi dans cette enveloppe, pour bien exprimer un vote blanc ? Idéalement, un bulletin blanc. Sauf que vous n'en trouverez pas dans le bureau de vote, car les bulletins blancs ne sont pas fournis officiellement. Vous avez alors deux possibilités :

▪ Avoir préparé à l'avance et apporté avec vous un bulletin blanc
▪ Ne rien mettre dans l'enveloppe

Et c'est tout, car depuis le 1er avril 2014 (date officielle de la prise en compte du vote blanc dans le droit électoral français), vous ne pouvez plus voter blanc en votant nul. Les deux votes sont désormais bien distincts, et les deux types de vote sont décomptés à part. Les résultats électoraux mentionnent bien séparément les votes « blancs » et les votes « nuls ».

Notez que selon le site vie-publique.fr (un site officiel édité par l'Etat), un vote blanc est une "enveloppe vide ou contenant un bulletin dépourvu de tout nom de candidat (ou de toute indication dans le cas d’un référendum)".

Ce qui signifie, strictement, que si vous mettez dans l'enveloppe un papier avec un texte écrit à la main dessus (comme "il fait beau" ou "j'aime les caniches"), cela devrait bien être comptabilisé comme un vote blanc et non pas comme un vote nul, à la condition qu'aucun nom de candidat (ou de mention Oui ou Non pour un référendum) n'apparaisse sur le papier.

Le vote blanc en pratique

En pratique, il faut bien faire attention, pour voter blanc, à ne pas voter nul par erreur.

Ainsi, vous ne devez pas glisser dans l'enveloppe un bulletin officiel annoté ou déchiré, un corps étranger (comme une pièce de monnaie) ou plus d'un bulletin. Avec cette petite exception que si votre enveloppe contenait plusieurs exemplaires d'un même bulletin règlementaire, votre vote ne serait même pas nul !

Pour voter blanc « proprement » et donc sans risquer de voter nul, soit vous laissez l'enveloppe vide, soit vous glissez un vrai bulletin blanc dans l'enveloppe.

Le quart d'une feuille de papier blanc A4 standard (d'un grammage de 60 à 80 gr/m2) fait très bien l'affaire : pliez la feuille en deux et découpez-la. Pliez à son tour une demi-feuille et découpez-la : voilà deux beaux bulletins blancs prêts à l'emploi, au format règlementaire de 105 x 148 mm. Et il vous reste l'autre demi-feuille pour en fabriquer deux autres, si le coeur vous en dit.

Notez, au passage, que l'article L49 du Code électoral français vous interdit de distribuer des bulletins blancs le jour du scrutin. Il indique en effet que "À partir de la veille du scrutin à zéro heure, il est interdit de distribuer ou faire distribuer des bulletins, circulaires et autres documents". Ce qui doit normalement, à l'interprétation stricte de la loi, inclure les bulletins blancs. Si vous aviez envie d'écouler les trois autres morceaux de votre feuille A4, mieux vous vous abstenir de le faire.

Dernière précision concernant le vote blanc : comme l'indique le Conseil Constitutionnel, le vote blanc "est pris en compte pour l’élection du Président de la République dans les mêmes conditions que pour les autres élections". Tout ce qui précède est donc valable quel que soit le scrutin.

Sources officielles utilisées pour rédiger cet article : Conseil constitutionnel (www.conseil-constitutionnel.fr), Sénat (www.senat.fr), Légifrance (www.legifrance.gouv.fr), Code électoral.


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